Les premiers chrétiens célébraient Pâques


Beaucoup affirment que Pâques, ou la fête pascale, est en réalité une fête païenne. Si cela est vrai, alors rendre hommage à cette fête revient-il à honorer des dieux païens ? Mais si cela est faux, les chrétiens sont-ils privés de la joie de rendre culte à Dieu en ce jour ?


En réalité, dès les temps les plus anciens, les chrétiens célébraient la fête pascale pour rendre culte à Dieu. S'il n'existe aucun fondement pour les œufs ou les lapins de Pâques, la célébration annuelle de la passion et de la résurrection du Christ unit dans le culte les chrétiens d'aujourd'hui et les premiers chrétiens.


Ce que certains sites internet affirment


En consultant divers sites internet (Wikipédia excepté), nombre d'entre eux affirment sans détour que Pâques est à l'origine une fête païenne — c'est du moins l'avis des athées, des adventistes du septième jour et des témoins de Jéhovah. Mais certains chrétiens tiennent le même discours. On distingue trois, voire quatre, thèses quant à l'origine de Pâques :


1. Nemrod, après le déluge, à partir de la déesse sumérienne Ishtar / Istar / Ashtarte / Astarté [en réalité Inanna].

2. En même temps que les fêtes de la fertilité.

3. À l'époque de Constantin (après 311 apr. J.-C.).

4. Selon une source athée, les chrétiens auraient institué Pâques vers 155 apr. J.-C. afin d'honorer Ashtarte.


Cependant, aucune de ces thèses ne repose sur des preuves suffisantes ; cette fête de l'Église était célébrée par les premiers chrétiens et tire son origine de la résurrection du Christ survenue au moment de la Pâque juive. Commençons par examiner le mot « Easter » lui-même.


1. Le mot « Easter » n'a aucun rapport avec une déesse


Les seules langues où le nom de cette fête ressemble à « Easter » sont l'anglais et l'allemand.


Selon Wikipédia, dans la plupart des autres langues, le nom de cette fête provient du mot grec Pascha, lui-même issu de l'hébreu Pessah, qui signifie Pâque. La question du nom « Easter » ne se pose donc que pour les locuteurs de l'anglais et de l'allemand.


Ce n'est que dans ces deux langues que le nom vient du mois germano-anglo-saxon Eostre-monath. Le nom de ce mois provient lui-même de la déesse anglo-saxonne Eostre, selon l'historien chrétien anglo-saxon Bède (vers 725 apr. J.-C.). Il s'agit d'un phénomène comparable à celui des mois de janvier, mars ou juin, qui tirent leur nom d'idoles romaines.


Les détracteurs doivent choisir entre la déesse anglo-saxonne Eostre, bien plus tardive, et l'antique déesse sumérienne. Or les Anglo-Saxons n'avaient, sur le plan géographique comme linguistique, aucun rapport avec la déesse sumérienne Inanna, qui ne fut connue sous les noms d'Istar, Ishtar ou Ashtarte qu'ultérieurement, à l'époque babylonienne, phénicienne et philistine.


Les chrétiens antérieurs au concile de Nicée ignoraient tout des œufs et des lapins de Pâques. Bien que certains prétendent aujourd'hui que cette tradition remonte à la déesse anglo-saxonne Eostre, l'unique source à son sujet, l'historien chrétien Bède, ne mentionne ni œufs ni lapins. (http://en.wikipedia.org/wiki/Easter_egg, consulté le 24 août 2008). Wikipédia précise cependant que les zoroastriens de Perse célébraient déjà l'équinoxe de printemps avec des œufs dès 500 av. J.-C.


2. Pâques ne coïncidait pas avec l'équinoxe de printemps


L'équinoxe de printemps (le 21, 22 ou 23 mars) marque le moment où le jour et la nuit sont d'égale durée. Certains prétendent que la résurrection de Jésus aurait été célébrée de manière à coïncider avec les fêtes de la fertilité qui avaient alors lieu. En réalité, la résurrection coïncidait avec la date de la Pâque juive, fixée par Dieu lui-même. L'Église d'Orient la célébrait à la même date que la Pâque juive. L'Église d'Occident, quant à elle, commença à la célébrer le dimanche suivant la première pleine lune après cette date, si bien qu'elle ne tombait jamais sur l'équinoxe de printemps.


3. Pâques, bien avant Constantin


Douze auteurs chrétiens des premiers siècles évoquent la commémoration annuelle de la résurrection du Christ, bien avant Constantin. L'une des toutes premières controverses de l'Église, survenue vers 190 apr. J.-C., portait d'ailleurs sur la date à laquelle célébrer Pâques. Puisque les chrétiens d'Orient, appelés Quartodécimans, la célébraient à la date de la Pâque juive, tandis que les chrétiens d'Occident préféraient la première pleine lune suivant l'équinoxe de printemps, il fallait bien qu'ils célèbrent quelque chose — sans quoi il n'y aurait eu aucun désaccord possible ! Ce différend fut d'ailleurs résolu en laissant chaque camp célébrer la fête selon sa propre tradition. Aucun auteur chrétien des premiers siècles ne s'est jamais élevé contre la célébration de Pâques.


Théophile de Césarée (180 apr. J.-C.) explique, dans une lettre sur la question de la Pâque, que les chrétiens d'Alexandrie observaient la fête à la même date qu'eux, les lettres pascales étant échangées entre les deux Églises afin d'assurer l'unité de cette observance.

Méliton de Sardes (mort vers 190 apr. J.-C.), Quartodéciman, rédigea un traité entier consacré à Pâques, intitulé Sur la Pâque.

Irénée (182-188 apr. J.-C.) rédigea également un traité entier sur Pâques (fragment 7, Questions et réponses sur l'orthodoxie).

Polycrate d'Éphèse (196 apr. J.-C.) fut un temps excommunié par l'évêque de Rome pour avoir été Quartodéciman.

Tertullien (200-240 apr. J.-C.) écrit qu'ils se réjouissent d'un même privilège, de Pâques jusqu'à la Pentecôte (Sur la couronne, ch. 3).

Hippolyte, évêque de Porto (225-235/236 apr. J.-C.), critiquait les Quartodécimans qui célébraient Pâques à la date de la Pâque juive (Réfutation de toutes les hérésies, livre 8, ch. 11).

Les Instructions de Commodien (240 apr. J.-C., ch. 75) évoquent le rassemblement des fidèles pour Pâques, « ce jour qui est le plus béni pour nous », et les invitent à se réjouir.

Origène (225-254 apr. J.-C.) écrit que celui qui reconnaît que le Christ, notre Pâque, a été immolé pour nous, et qui s'efforce de célébrer la fête en se nourrissant de la chair du Verbe, ne cesse jamais de garder la fête pascale, car « pascha » signifie « passage », et le chrétien s'efforce sans cesse, en pensée, en parole et en acte, de passer des réalités de cette vie à Dieu (Contre Celse, livre 8, ch. 22).

Cyprien de Carthage (246-258 apr. J.-C.) évoque le jour de Pâques dans ses Lettres 29, 39 et 54.

Firmilien (246-258 apr. J.-C.) mentionne « la célébration de Pâques » (Lettre 74, ch. 6).

Anatole d'Alexandrie (270-280 apr. J.-C.) traite de la date à laquelle Pâques doit être célébrée (Canon pascal, ch. 10 et 15).

Malchion (270 apr. J.-C., fragment) rapporte les agissements du peu recommandable Paul de Samosate lors de la fête pascale (lettre écrite au nom du synode d'Antioche contre Paul de Samosate, ch. 2).

Méthode (260-312 apr. J.-C.) mentionne « le jeûne qui prépare à la célébration de Pâques » (Banquet des dix vierges, livre 3, ch. 12).


En somme, puisque Constantin n'a pas voyagé dans le temps, ces auteurs des premiers siècles prouvent bien que Pâques était célébrée par les chrétiens longtemps avant sa naissance.


4. L'Église primitive rendait-elle culte à Ishtar ?


Cette thèse reconnaît que Pâques était célébrée par les chrétiens dès les premiers temps, mais affirme, de façon peu crédible, que les premiers chrétiens le faisaient pour honorer Ishtar !


On estime qu'avant le concile de Nicée, en 325 apr. J.-C., entre 30 000 et 40 000 chrétiens furent martyrisés pour leur foi. L'auteur d'une telle thèse ignore peut-être pourquoi ces chrétiens ont donné leur vie ; espérons que nous, chrétiens, ne l'ayons pas oublié.


Ils n'ont pas été mis à mort parce qu'ils considéraient Jésus comme un homme bon, digne d'être admiré. Ils ont été cruellement torturés, brûlés, rôtis à petit feu, tailladés, empalés et livrés aux bêtes sauvages, souvent en public, sous les yeux d'autres chrétiens, parce qu'ils refusaient de rendre culte à quiconque hormis le Dieu trinitaire. Prétendre que ces premiers chrétiens, qui ont souvent donné leur vie pour leurs convictions, souhaitaient en réalité honorer une idole chaldéenne ou sumérienne témoigne d'une méconnaissance presque totale de la foi des premiers chrétiens.


Les quelque 4 385 pages d'écrits chrétiens antérieurs au concile de Nicée ne contiennent que des témoignages en faveur de Pâques, et uniquement des critiques à l'égard de la religion chaldéenne, comme en attestent notamment :


Apologie d'Aristide (125 ou 138-161 apr. J.-C.), ch. 3.

Théophile à Autolycus (168-181/188 apr. J.-C.), livre 2, ch. 33.

L'Octavius de Minucius Félix (210 apr. J.-C.), ch. 6.

Tertullien (200-240 apr. J.-C.), De l'idolâtrie, ch. 9.

Hippolyte de Porto (225-235/236 apr. J.-C.), Réfutation de toutes les hérésies, livre 4, ch. 7-8.

Origène (225-254 apr. J.-C.), Contre Celse, livre 6, ch. 80 ; également De Principiis, livre 3, ch. 3.2.

Julius Africanus (235-245 apr. J.-C.), Cinq livres de la chronologie de Julius Africanus, ch. 1.

Athanase (vers 318 apr. J.-C.), Sur l'incarnation du Verbe, ch. 51.2.

Lactance (vers 303-320/325 apr. J.-C.), Les Institutions divines, livre 7, ch. 14.


Conclusion


D'une part, ne laissez ni les athées, ni les adventistes du septième jour, ni les témoins de Jéhovah, ni même certains chrétiens dans l'erreur, vous priver de la joie de Pâques. Mais d'autre part, célébrer ce que les chrétiens célèbrent ensemble depuis près de deux millénaires ne garantit pas nécessairement que vous rendiez véritablement un culte sincère à Dieu. Examinez votre cœur. Prenez la ferme résolution, en cette prochaine fête de Pâques, cette fête pascale, de consacrer délibérément un temps à l'adoration de Dieu.


www.biblequery.org/Experience/Holidays/Easter.docx